COMMUNAUTÉ DU CHEMIN NEOCATECHUMENAL – Jugement du Tribunal Judiciaire d’AJACCIO – Affaires Familiales – Une mère a contraint sa fille à subir une prière d’exorcisme.
COMMUNAUTÉ DU CHEMIN NEOCATECHUMENAL – Jugement du Tribunal Judiciaire d’AJACCIO – Affaires Familiales – Une mère a contraint sa fille de près de 16 ans à subir une prière d’exorcisme: le prêtre a posé ses mains sur la tête de la jeune fille » en demandant au diable de sortir de son corps « . L’époux a exposé au Tribunal, dans le cadre d’une procédure de divorce, que son épouse était engagée dans l’organisation spirituelle internationale de la Communauté du Chemin Néocatéchuménal.
Le Tribunal a repris dans son jugement la position de la MIVILUDES, toujours prudente dans ses avis:
– » la MIVILUDES observe quelques interrogations de signalement de dérives sectaires de ce mouvement: inquiétudes par rapport à des proches, exclusions de ceux et celles qui n’adhèrent pas à leurs croyances, délaissement d’enfants depuis l’intégration, dons d’argent très importants, comportements problématiques avec pressions psychologiques pour faire adhérer aux croyances, rupture avec les autres églises au niveau local, avec développement d’une forme d’élitisme, ruptures avec les personnes restées dedans s’il y a une sortie du groupe. La vigilance reste donc de mise sur ce groupe religieux ».
La MIVILUDES conclut avec ces termes: » la MIVILUDES ne relève pas de signalement de dérive sectaire de ce mouvement « .
Le comportement de la mère vis à vis de sa fille a constitué un motif grave rendant intolérable le maintien de la vie commune entre les époux.
Je ne peux qu’applaudir Monsieur Le Juge aux Affaires Familiales pour cette avancée jurisprudentielle.
Le magistrat a bien compris le tsunami pour la famille provoqué par la croyance radicale d’un des parents.
Et heureusement qu’il s’agissait d’une adolescente qui a pu faire le choix de s’opposer à sa mère dans sa volonté de transmission de ses valeurs spirituelles.
Quand il s’agit d’enfants plus jeunes et sous emprise de leur mère, le père ne peut que » faire en sorte » que la relation avec ses enfants se passe au mieux.
En pratique, cela veut dire que le père ne peut plus être à une place d’autorité, de référent vis à vis de ses enfants et sa » place du père » est contestée par la mère et par les enfants en conflit de loyauté.
Par exemple, toute demande de la part du père sur la scolarité de ses enfants sera contrée par ses enfants même. Ils refuseront de lui répondre.
C’est comme si le père n’était plus que supporter par ses enfants, sa présence étant vécue comme contrainte.
Le père est désormais mis à la place du » géniteur « .
Comme me l’a encore dit récemment un de mes clients: » Je n’aurai jamais pensé que le danger viendrait de l’intérieur de ma famille « .
Les références du jugement:
Tribunal Judiciaire – Chambre des Affaires Familiales – Ajaccio – en date du 23 décembre 2025 – et pour mes confrères : RG N° 23 / 00215, au Lamy.
Ron Francis – Walking Leviathan ( 2017 )
